La crise de la masculinité : autopsie d'un mythe tenace
Francis Dupuis-Déri · 2018
Dupuis-Déri documente que le discours affirmant une « crise de la masculinité » resurgit régulièrement depuis très longtemps — jusqu'à l'Antiquité romaine selon sa thèse — et soutient que ce discours constitue un mythe tenace, largement infondé ou instrumentalisé.
- Le propos — L'auteur retrace des occurrences du discours de « crise de la masculinité » dans plusieurs pays et à travers l'histoire (Rome antique, fin XIXe siècle, années 1950, Mouvement des hommes des années 1960-1970, Mouvement des droits des pères des années 1990), pour soutenir que ce discours n'a rien d'inédit.
- Pour le facilitateur — Séparer toujours « ce discours resurgit cycliquement » (documenté, E2-E3) de « ce discours est un mythe » (thèse de l'auteur, à attribuer nommément — jamais présentée comme fait établi).
- La limite — C'est une thèse interprétative construite sur un corpus choisi par l'auteur, pas une mesure reproductible ; et la bibliothèque ne contient aucune source masculiniste primaire pour vérifier si le discours qu'il décrit est représentatif de l'ensemble du mouvement.
🔑 Points clés
- Le discours de « crise de la masculinité » est présenté par l'auteur comme récurrent depuis l'Antiquité romaine (le cas de Caton l'Ancien, 195 av. J.-C., y est cité) jusqu'à aujourd'hui.
- L'auteur mobilise le concept de « masculinité hégémonique » de R. W. Connell comme cadre d'analyse des normes masculines dominantes.
- Sur le décrochage scolaire des garçons, l'auteur oppose des données de classe sociale à une explication par le seul sexe.
- L'auteur documente et analyse des discours masculinistes (Dallaire, Fathers-4-Justice Québec) sur le suicide masculin, comme rhétorique victimaire à interroger, pas comme validation de leurs affirmations.
- Le mot « mythe » dans le titre est la conclusion de l'auteur sur ce discours — une thèse argumentée, jamais un fait neutre hors débat.
❝ Citations marquantes
⚖️ Sa solidité, en mots
Assez solide (E2-E3) comme enquête socio-historique universitaire, référencée et sourcée en note par l'auteur — mais c'est une thèse interprétative sur un corpus choisi, jamais une mesure expérimentale. Le titre pose une conclusion (« mythe ») qui doit toujours être attribuée à Dupuis-Déri, jamais reprise en fait neutre ; et faute de source masculiniste primaire dans la bibliothèque, sa description du masculinisme n'est mise en regard d'aucun contrepoint direct.
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